Quand balle et boue riment avec conservatisme

C’est connu, le baseball est fort possiblement le sport le plus conservateur en Amérique.

En raison des tollés soulevés en lien avec le nombre anormalement élevé de coups de circuit frappés cette saison, les autorités du baseball majeur sont grandement critiquées pour l’utilisation de balles dites « vivantes ».

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Les spectateurs en ont pour leur argent, mais les lanceurs et les puristes ont certainement hâte que la saison se termine. De plus, certains disent que depuis l’ère des stéroïdes, les statistiques n’auront jamais été autant faussées.

Malgré la controverse, un fait demeure; la partie ne peut se passer de cette substance qui rend la balle rugueuse procurant ainsi une meilleure adhérence aux lanceurs.

Quand balle et boue riment avec conservatisme
La fameuse boue favorisant une meilleure adhérence – Photo : Baseball Magazine

Afin de sortir de ce conservatisme légendaire, les dirigeants du baseball ont demandé à la compagnie Rawlings de développer une balle assez rugueuse pour ne plus utiliser de boue. En 2016, les lanceurs évoluant dans la ligue d’automne de l’État de l’Arizona ont testé cette balle, mais ont recommandé de ne pas l’utiliser plus longtemps prétextant ne pas ressentir suffisamment la texture pour une utilisation adéquate de celle-ci.

Un peu d’histoire

Lors de la saison 1920, un tir atteint Ray Chapman à la tête. L’arrêt-court des Indians de Cleveland perdra la vie dans le cadre de ce triste événement. Heureusement, il s’agit du seul cas d’accident mortel à survenir sur un terrain des ligues majeures jusqu’à présent.

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Cependant, afin de rendre le jeu plus sécuritaire, les autorités étudient des méthodes, dont celle permettant aux lanceurs d’avoir une meilleure maîtrise sur leurs tirs. Ce n’est que dans les années ’30 que Lena Blackburne, alors instructeur au 3e but chez les Athletics de Philadelphie, enduit une balle de boue présente sur le terrain derrière chez lui. Le résultat fut plus que satisfaisant.

En 1950, toutes les équipes du baseball majeur ont fourni à leurs gérants d’équipement la boue magique afin de frictionner soigneusement chaque balle utilisée lors des parties.

Aujourd’hui, la petite entreprise familiale de Jim Bintliff, dont le grand-père Hass était l’associé de Blackburne, utilise une boue extraite d’un endroit gardé secret le long du fleuve Delaware afin d’enduire plus de 240 000 balles utilisées annuellement lors des matchs des Majeures.

Quand balle et boue riment avec conservatisme
Balles à l’aspect cuivré – Photo : post-gazette.com

Malgré l’inflation (une boîte de boue servant à enduire les balles se vendait 20$ en 1981 tandis que la même boîte se vend 100$ aujourd’hui), le marché reste restreint  et ne permet pas à la famille de Bintliff de vivre exclusivement de ces revenus.

Depuis des décennies, le livre de règlements suggère que chacune des balles utilisées dans le cadre d’un match soit minutieusement frictionnée avant leur entrée en jeu et ce n’est pas demain la veille que lesdites balles perdront leur aspect cuivré.

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Pascal Harvey
Passionné par le sport en général et formé en journalisme, j'affectionne particulièrement le baseball. L'éloge de la lenteur est au cœur de ma relation avec le passe-temps préféré de nos voisins du sud.
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