Les gérant de la MLB sont ils en train de devenir obsolètes?

Bons, mauvais, corrects… il existe plusieurs qualificatifs concernant les gérants. Parfois, on les aime, parfois on les déteste, mais ils font partie du sport depuis fort longtemps. Mais justement, sont-ils en train de devenir «obsolète» après tout ce temps? Leur rôle est-il toujours aussi important qu’il ne l’était auparavant?

La question se pose et je ne suis pas la seule à le faire. Jayson Stark de The Athletic a d’ailleurs pondu un bel article sur le sujet à la suite d’une conversation entendu sur un terrain.

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« Notre homme est un gérant et leur homme est un gérant du milieu. »

En gros, cette partie se résume à ceci : il y a présentement deux types de gérants sur les terrains. Le pur et dur qui mène son équipe au feeling et prend ses propres décisions et celui qui prend des décisions basées sur les conseils d’avant-match par l’étage au-dessus de lui. Une marionnette, comme dirait Jeff Drouin.

Bruce Bochy – Photo : Getty

Une game qui change

Alors, est-ce que le gérant tel qu’on le connaît aujourd’hui est rendu obsolète? Pourquoi ne pas demander à un vieux de la veille qui en est à sa dernière saison?

« Le jeu a changé. Aujourd’hui, ça dépend énormément du front-office et des informations qu’on donne aux gérants. Le gérant ne conduit plus l’autobus comme c’était le cas avant. » – Bruce Bochy.

Cette phrase dit tout. Les gérants ont dorénavant moins de pouvoir sur les décisions qu’ils prennent. Tout est scruté à la loupe de A à Z, et ce, à tous les étages, mais un de ceux-ci devient proéminent et prend de plus en plus de place. Dans le champ, le Bochy? Pas vraiment. Ce dernier termine sa 25e année dans le circuit après avoir géré des équipes dans sa 30aine, 40aine, 50aine et 60aine. Bref, il en a vu du baseball et de toutes les couleurs aussi après avoir géré plus de 3 882 parties.

À quel point est-ce différent?

  • Seulement 24 gérants dans l’histoire de la MLB ont gagné plus de 1 500 parties. Neuf d’entre eux étaient toujours actifs dans les 10 dernières années, mais seulement deux sont toujours dans le circuit en 2019 : Bruce Bochy et Terry Francona.
  • En 2019, 20 des 30 gérants ont moins de cinq ans d’expérience dans la MLB – 11 n’avaient jamais géré un match dans la ligue avant cette saison. Il y a 10 ans, ils étaient au nombre de 11.

Deux petites statistiques qui permettent de constater une chose : il y a un changement de garde au niveau des gérants.

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Photo : AP Photo/Gene J. Puskar

Si auparavant le gérant avait le contrôle sur une multitude de choses, un peu à l’instar du basketball où le coach implante son propre système, aujourd’hui, le baseball est plutôt dans un esprit de collaboration. Un système où le gérant ne peut plus faire cavalier seul et qu’à chaque «décision» qu’il prend, il doit réfléchir à toutes les informations reçues plus haut.

Est-ce que tout ça nous donne une réponse à savoir si le gérant est en train de devenir obsolète? Pas tout à fait, parce que ce n’est pas aussi simple que ça d’y répondre, mais ça nous permet de comprendre que le rôle du gérant change, pour le meilleur ou le pire. Vous pouvez d’ailleurs obtenir les réflexions de Bruce Bochy, Terry Francona, Joe Maddon et Ned Yost sur le sujet dans le dossier complet de Stark ici.

Les temps changent, les façons de faire aussi. Des fois, c’est bien. Des fois, c’est mauvais, mais une chose demeure : avant de jeter la première pierre au gérant, pensons à tout ce que nous ne savons pas. Mais surtout au fait qu’il n’est plus le seul à choisir.

Source : The Athletic

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Alexandra Philibert
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