fbpx

La retraite, et puis quoi après?

Qu'arrive-t-il quand les projecteurs se ferment et qu'il n'y a pas d'autre saison ou de camp printanier? Lorsqu'il est le temps d'accrocher ses crampons pour diverses raisons? Beaucoup de choses. Les joueurs de baseball - ou les athlètes - ne choisissent pas toujours comment ça se termine. En fait, peu d'entre eux ont le bonheur de choisir les termes de leur sortie du show comme Derek Jeter et David Ortiz ont pu le faire.

Parlez-en à Will Middlebrooks qui a vu la sienne se terminer en un craquement d'os l'an dernier.

«J'ai littéralement senti la balle atterrir dans mon gant et ma jambe briser en même temps. Je n'oublierai jamais ce son.»

Il ne le savait pas encore, mais le 24 février 2018, l'incident avec le voltigeur Andrew Pullin sonnerait le glas de sa carrière.

DDYIXUA2MJFLLJ6FU5F2UDKYNU
Will Middlebrooks - Photo : YONG KIM / STAFF PHOTOGRAPHER

Son genou ne s'étant jamais remis complètement. Aujourd'hui, il lui arrive d'avoir de la difficulté avec ce dernier en pleine épicerie.

« La plupart des gars réalisent ce qui se passe : d'accord, c'est terminé, je suis trop vieux, je ne suis pas assez rapide, le téléphone ne sonne pas, mais ils ont quand même l'opportunité de prendre cette décision, même si ce n'est pas toujours sous leurs propres termes, c'est quand même leur choix. Pas moi. C'était difficile, car ça c'est terminé en un claquement de doigts.» - Will Middlebrooks (Actif de 2012 à 2017 - 4 équipes)

Le gros du problème, c'est ce que ces athlètes ont bâti leur identité avec le baseball. Souvent, ils ne savent pas qui ils sont en dehors du joueur de baseball. Plus près d'ici, même si c'est du football, Étienne Boulay l'avait bien décrit. Il disait que son seul but était de jouer au football, quand ça c'est arrêté, il était déboussolé et ne savait pas qui il était en dehors d'Étienne Boulay, joueur de football. Un long processus s'entamait.

Une véritable drogue

Le sport est une drogue... c'est ce que vous dira Fernando Perez, qui a joué deux saisons avec les Rays de Tampa Bay (2008-2009). Le lanceur est même allé en Allemagne afin d'essayer de fixer son poignet et son épaule avant de rejoindre le baseball indépendant.

« C'est difficile de vivre sans. Ce n'est pas facile de faire la transition, peu importe comment tu te prépares pour la vie après le sport. Je pense encore à des lancers d'il y a 10 ans et à tout ce que j'aurais pu faire différemment. »

Quand tu ne vis que pour une chose, que ton horaire est construit en fonction d'un seul et unique but, que tu fais une multitude de sacrifices et que tu deviens un héros à la minute où tu mets cet uniforme, la débarque est un peu plus grande lorsque le périple s'arrête brusquement. Sans préparation.

Parfois, de notre divan, on se dit même que certains s'acharnent et qu'ils devraient accrocher leurs crampons. Certains ont assurément pensé ça de Mark Prior (2004-2006, Cubs de Chicago).

Mark-prior-delivery-chicago-07-30-2004
Mark Prior - Photo : USA TODAY

« Je voulais être certains que je ne serais pas englouti par les «et si». C'est une des raisons pourquoi je n'ai pas pris ma retraite lors de ces années de dur labeur après mon dernier match dans la MLB en 2006. J'ai pu joué un peu dans le Triple-A après mes chirurgies. Plusieurs moments là-bas font partie de mes meilleurs souvenirs. Puis, y a eu cette finalité de «mon épaule est finie» et je n'ai pas eu de regrets. »

Dans la même veine, Clay Rapada a expliqué qu'il désirait garder une certaine forme de contrôle.

« J'ai toujours voulu être celui qui déciderait de quand j'enlèverais mon chandail. »

Ce n'est donc pas nécessairement de l'acharnement, mais une volonté d'aller jusqu'au bout. Au bout de ce qu'ils peuvent donner pour éviter les regrets et être maîtres de cette décision.

« C'est un choix difficile de se retirer, parce que le baseball est tout ce qu'on connait depuis qu'on est enfant. On se demande ce qu'on fera après. Je crois que plusieurs ont se problème et qu'ils n'ont jamais réfléchis à ça. »  - Joe Saunders (Actif de 2005 à 2014 dans la MLB - 5 équipes différentes)

joesaunders
Joe Saunders - Photo : Tireball

Joe Saunders met le doigt sur un problème. Bien sûr, tu peux être le plus préparé au monde que prendre ta retraite sera difficile, mais trop de joueurs rentre à plein régime dans la MLB sans savoir ce qu'ils feront après. Parce qu'ils n'y pensent pas. Parce qu'ils veulent y rester jusqu'à la fin, comme si l'après n'existait pas. Puis ils arrivent à cet après, désemparé comme un chevreuil sur le chemin face à une voiture, où la réalité frappe de plein fouet.

Source : The Athletic

Partagez

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur reddit
Partager sur email
Précédent

Gio Gonzalez, qui a joué à Scranton, est un grand fan de la série The Office

Christian Yelich blessé | Pujols dans l’histoire

Suivant