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Le grand jour pour Barry Bonds?

Oui, je sais, Barry Bonds est un tricheur. Oui, je sais, Barry Bonds a un égo surdimensionné. Oui, je sais, il a pris des substances prohibées par la MLB et ne mérite pas d’entrer au Temple de la renommée. Tout ça, je l’ai entendu et je l’entends encore. Même s’il ne joue plus depuis 2008, le joueur est à chaque début d’année pointé du doigt quand vient le moment de décider si oui ou non, le meilleur frappeur de l’histoire du baseball mérite sa place parmi les plus grands.

Ça suffit! Il est temps d’accepter Barry Bonds parmi les plus grands.

Je t’aime, moi non plus

Barry Bonds, on l’aime ou on ne l’aime pas. Personnellement, je suis passé par tous les états d’âme à son égard. Alors qu’il m’était indifférent lorsqu’il portait la tunique des Pirates, j’ai appris à l’apprécier lors de ses années «Giants». Le bougre enfilait les coups de circuit à une vitesse ahurissante, tous plus loin les uns que les autres et avec la même facilité déconcertante. Et quand les Giants ont déménagé dans leur nouveau stade (Pac Bell Park à l’époque, renommé plus tard AT&T Park), j’ai aimé Barry Bonds encore plus.

https://twitter.com/BasebaIlKing/status/1083898942176153601

Voir ses missiles finir leur trajectoire dans le Mc Covey Cove me donnait la chair de poule. Sans être mon joueur préféré, il m’était impossible de ne pas éprouver un minimum d’admiration pour ce frappeur hors pair. «La réincarnation de Ted Williams, avec encore plus de puissance», selon Felipe Alou.

J’ai eu la chance de voir Barry Bonds en vrai lors d’un match en 2002 face aux Braves. J’ai bien vu mon circuit par le roi des circuits.

Car OUI, Barry Bonds est le meilleur frappeur que le baseball moderne ait jamais connu. Il l’était bien avant d’avoir commencé à se doper, frustré de voir Mark McGwire et Sammy Sosa tenir le pays en haleine grâce à leur course aux circuits de 1998. Barry a usé de la seringue pour reprendre son trône et il s’est transformé en bête, tout en gardant intacts son élan et son œil aguerri.

Cette fois au lieu de finir loin, ses circuits finissaient encore plus loin. Au lieu de finir dans les tribunes, ils finissaient sur la lune.

Il y a de quoi le haïr, pourtant on ne peut rester insensible à un joueur qui sait d’un élan transformer des huées en salves d’applaudissements, comme ici au Yankee Stadium.

Des statistiques «Hall Of Famesques»

Ce texte n’a pas pour but de pardonner Barry Bonds pour ses actes ni de lui chercher des excuses. J’aimerais vous montrer à quel point ce joueur était probablement le meilleur de sa génération et que nous devrions plutôt nous réjouir d’avoir eu la chance de l’avoir vu jouer.

Bonds, c’est 762 coups de circuit en carrière, c’est le meilleur de tous. Avant même qu’il ne double de volume au début des années 2000, Bonds avait déjà volé plus de 400 buts, frappé plus de 400 circuits en carrière et remporté trois trophées de MVP. Il est le seul joueur avec plus de 500 circuits et 500 buts volés en carrière et a connu 15 saisons à plus de 1.000 d’OPS.

Retirez les stats des sept saisons où il a été MVP et il a toujours 440 HR et 359 bases volées.

Regardez ses chiffres de 1990 à 1998, tous obtenus «au naturel». Ceux-ci sont exceptionnels.

Barry Bonds Stats
Statistiques en carrière de Barry Bonds. Photo — Baseball Reference

Les buts sur balles

232 buts sur balles dont 120 buts sur balles intentionnels la même saison.

Pour affronter Barry Bonds, il fallait être un homme. Il était tellement imposant et dangereux au bâton que personne n’osait s’y frotter. De 2002 à 2004, Bonds a bénéficié de 249 buts sur balles intentionnels (BBI). Au cours de la même période, les Tigers, les Royals et les White Sox ont combiné à eux trois 243 BBI.

Imaginez entrer dans la boîte des frappeurs et ne jamais voir un lancer finir dans la zone. Ça doit être assez frustrant. Une année, en 2004, Bonds a bénéficié de 232 BB et 120 BBI, soit 352 chances en moins de frapper. Pourtant, cette saison, il terminera avec 45 circuits, 101 points produits, .609 d’OBP et accrochez-vous, 1.422 d’OPS.

Il lui fallait juste un lancer dans la zone dans la rencontre et il ne le ratait pas.

Les meilleurs, dont Éric Gagné, s’y sont essayés, en vain. Chaque balle est devenue un trophée. Barry Bonds n’avait de pitié pour personne.

Ne pardonnons rien. Rendons juste à Barry ce qui appartient à Barry et sachons juste, en tant que connaisseurs de baseball, reconnaitre le talent d’un joueur unique qui doit avoir son nom sur une plaque au Temple de la Renommée, que ça plaise ou non.

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