Un imposteur dans la course au MVP?

Hier, un de mes acolytes de Passion MLB, JF Charles, y allait d’un superbe texte qui se penchait sur la candidature non retenue de J.D. Martinez pour le titre de MVP dans l’Américaine. Évidemment, comme Martinez est un Red Sox, et qu’il a connu une saison incroyable, ce texte a suscité beaucoup de réactions… d’un côté comme de l’autre! Certains crient au vol, d’autres estiment que Trout est là tout simplement, car il est Mike Trout et d’autres sont d’accord avec le fait qu’un frappeur désigné qui joue très peu en défensive ne soit pas en lice. Toutes des opinions valables, selon moi.

De mon côté, je suis bien à l’aise avec le fait de ne pas voir Martinez dans le listing, pour cette fameuse raison qu’il ne joue pas en défensive. Je suis également en accord avec le fait de voir Mookie Betts et Mike Trout dans le top-3 de la Ligue américaine. Or, pour le troisième candidat, je crie à l’imposteur. Oui, oui! Qu’est-ce que Jose Ramirez (un joueur que j’aime et respecte énormément) fout là? En définition, le trophée du MVP est remis au «joueur qui performe le mieux dans un sport ou une compétition». Ramirez performe bien. Très bien. Mais s’il vous plait, ne me faites pas croire que Ramirez a mieux performé qu’Alex Bregman ou Matt Chapman. C’est du délire!

La saison de Ramirez

D’emblée, Ramirez a connu une belle saison. On parlera de Ramirez cette année, surtout car il est entré dans le célèbre club des 30/30, un fait relativement rare de nos jours. Le joueur de troisième coussin faisait flèche de tout bois en première moitié de saison slashant pour .302/.401/.628 avec 29 circuits, 70 points produits et 20 larcins. Le 15 juillet, il flirtait déjà avec le 30/30 et on le voyait atteindre le plateau du 40/40. Seuls quatre joueurs dans l’histoire de la MLB avaient réussi à voler 40 buts et frapper 40 circuits, le dernier étant Alfonso Soriano en 2006.

La deuxième moitié de saison de Ramirez s’est révélée être une catastrophe. Suite à la pause du Match des étoiles et jusqu’à la fin de la saison, Ramirez a frappé pour .218/.366/.427 avec 10 circuits, 35 points produits et 10 vols de buts. Quand on parle d’une baisse de régime… Malgré tout cela, le nom de Ramirez se retrouve quand même dans le top-3 de la Ligue. Pourquoi?

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Photo: Ken Blaze, USA TODAY Sports

Je vous rappelle que Ramirez évolue pour les Indians de Cleveland. Ces mêmes Indians ont remporté haut la main leur division dans l’Américaine… par 13 matchs. Ils ont été la seule équipe de la Centrale à jouer au-dessus de .500. J’ai fait quelques recherches sur Jose Ramirez et j’ai trouvé des faits, disons-le, assez surprenants.

Ramirez a joué 156 matchs cette année dont 103 contre des équipes qui jouaient pour moins de .500. Pendant ces matchs, Ramirez a slashé pour .282/.403/.593/.996 avec une récolte de 30 circuits et 75 points produits. Pour les 53 autres matchs (contre des équipes avec une fiche supérieure à .500), il a récolté une ligne de frappe de .246/.354/.472/.826 avec un maigre 9 circuits et 30 points produits. En somme, contre de moins bonnes équipes, Ramirez frappe 0.3 circuit par rencontre et produit 0.75 point. Contre de meilleurs clubs, il frappe 0.17 circuit et produit 0.56 point par match. Est-ce là un joueur constant? Un joueur digne d’un MVP? Je n’en suis pas sûr. Si l’on base nos critères sur un joueur qui «performe le mieux contre des clubs sous la barre des .500», alors là, Ramirez peut être en lice pour le MVP.

Encore là, je ne veux pas discréditer le talent et la fougue de Jose Ramirez, loin de là. Il est un excellent joueur de balle, très excitant, et il est parmi les meilleurs de la Ligue en temps normal. Cependant, voter pour lui en tant que candidat au titre de MVP quand on a un Alex Bregman qui a porté les Astros sur ses épaules une bonne partie de la saison, un Matt Chapman qui a connu une saison incroyable ou même un J.D. Martinez qui a été dans la course à la Triple Couronne tout au long de l’année avec Mookie Betts… on ne peut faire autre chose que de crier à l’imposteur!