Les Mariners de Seattle et le post-Moneyball

Il existe désormais une version 2.0 de Billy Beane, l’as directeur général des A’s d’Oakland qui au début des années 2000, en s’appuyant sur les statistiques avancées notamment, a changé la manière de construire une équipe gagnante de baseball et inspiré l’un des meilleurs films de baseball depuis M. Baseball avec Tom Selleck… (NDLR : lire la dernière phrase sur un ton ironique) Jerry Dipoto, l’architecte derrière le succès des Mariners de Seattle cette année, méritera peut-être d’ici quelques années d’être personnifier au grand écran par une vedette du cinéma hollywoodien.

Une équipe abonnée à la médiocrité 

Depuis l’arrivée des Mariners dans les Majeures à la fin des années 1970, l’équipe n’a participé aux séries qu’à quatre reprises. Le seul moyen d’améliorer virtuellement cette statistique, c’est de faire une saison complète à Ken Griffey Jr. Baseball au Super Nes en prenant l’équipe du légendaire numéro 24…

J’ai pris ici une photo de mon écran de télé au chalet. Oui, j’ai toujours ma Super Nes. Photo : Yann Langlais Plante

Malheureusement pour les fans de Seattle – et personnellement, j’en connais juste un et je vais éviter de le nommer afin qu’il puisse se passer des moqueries à la machine à café au bureau – les saisons fades se sont succédées au fil des années rendant cette équipe aussi verte pâle que l’astroturf du défunt Kingdome.

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Depuis 2015, signe que des changements s’imposaient, l’équipe a réalisé pas moins de 70 transactions. Un sommet dans les Majeures alors que la moyenne, pour la même période, est de 35 transactions par équipe. Heureusement, tranquillement mais sûrement, l’équipe a vu le vent souffler de nouveau dans ses voiles.

Placer le bien-être du joueur au cœur de la réforme 

Oui, il y a eu de nombreuses transactions. L’acquisition de Dee Gordon des Marlins est une évidence. Les additions de Jean Segura et de Mitch Haniger le sont tout autant. Mais ce n’est pas tout. Et comme c’est le cas lorsqu’un politicien veut convaincre la population de la nécessité d’effectuer un énième changement du culture au sein de son ministère, Dipoto a placé le joueur au cœur de sa réforme.

Le niveau de bien-être du joueur est devenu le talon de mesure de la performance de son équipe. Mais vous direz : comment mesurer l’indice du bonheur chez les joueurs des Mariners? Avec une armée de spécialistes : experts du sommeil et de la communication, psychologues sportifs, nutritionnistes et j’en passe. Rien, mais absolument rien n’est laissé au hasard.

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Chambres hyperbares à proximité du vestiaire et un espace-sommeil dans le silence absolu sont comprises dans le forfait Dipoto. Pour rapailler les joueurs autour du plan Dipoto, les dirigeants de l’équipe, au premier chef, le gérant Scott Servais, se sont assurés de faire approuver le tout par des légendes de l’équipe. Edgar Martinez et Ichiro Suzuki en tête. Ichiro, qui a d’ailleurs fait grand bruit en début de saison avec son retour au sein de l’équipe qui l’a vu naître en Amérique du Nord, témoigne même que l’ambiance au sein de l’équipe est meilleure qu’en 2001. Rappel : Les Mariners avaient réussi cette année-là la meilleure saison dans l’histoire des Majeures avec 116 victoires.

Scott Servais et Jerry Dipoto en pleine évaluation du niveau de bonheur de leur équipe. Photo : Prospect Insider.

Alors, est-ce que cette version Beane améliorée à quelques centaines de kilomètres au nord d’Oakland, misant sur le « capital humain » et le niveau de bonheur du joueur, va sourire au Mariners de Seattle? C’est précisément la question que pose Greg Bishop de Sports Ilustrated.

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Source : Sportsillustrated