Les Expos à travers la MLB

Texte par Louis-Philippe Parent

Étant un amateur de baseball depuis ma tendre enfance, j’ai toujours voulu visiter les stades de la MLB aux quatre coins de l’Amérique du Nord. Avec mon ami Richard, nous avons décidé de relever le défi et de partir à la chasse aux stades. Nous savions que nous aurions besoin de plus d’une saison pour y parvenir. Donc avons commencé par ceux que nous pouvions atteindre en voiture question que nos voyages ne soient pas trop dispendieux.

Il y a trois ans nous avons été au Fenway Park, suivi du Nationals Park à Washington, du Camden Yard à Baltimore, du Rogers Center à Toronto, du Yankee Stadium et le Citi Field à New York. Cette année, nous voulions mettre une variante: s’afficher aux couleurs des Expos. Pour avoir travaillé au Stade Olympique durant ma jeunesse, j’ai toujours été un fan fini de Nos Amours. Il n’était donc pas trop compliqué pour moi de démontrer que je connaissais bien mes Expos. Premier arrêt, le PNC Park à Pittsburgh.

PNC Park

Photo : Louis-Philippe Parent

Dès mon arrivée au parc, je suis tombé en amour avec le domicile des Pirates, qui est construit sur le bord de l’eau, un endroit rêvé pour accueillir les amateurs de baseball. Dès mes premiers pas à l’abord du stade, j’entendais déjà les gens me dire: «nice hat» et «let’s go Expos!». On voit que même si les Expos ont quitté la ligue depuis 2004, les souvenirs des gens sont encore présents.

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Par contre, ce qui m’a le plus marqué est d’entendre un enfant de maximum 10 ans dire à son père ceci : «Regarde, papa, le monsieur à une casquette des Expos». À ma grande stupéfaction, je me demande comment un enfant de 10 ans peut bien les connaître. Je prends mon courage à deux mains et avec mon anglais assez médiocre, je demande au père d’où viennent les connaissances de son fils sur cette équipe qui n’existe plus depuis 2004. Il me répond tout simplement qu’il a toujours été un partisan des Expos et qu’il a transmis à ses fils son amour pour cette équipe. Il dit espérer fermement que l’équipe revienne un jour. Son fils me dit que ses joueurs préférés ne sont nul autre qu’Andre Dawson et Gary Carter. Il termine en me demandant où je me suis procuré ma casquette de Nos Amours et semble surpris quand je lui réponds que j’arrivais de Montréal.

Progressive Field

La première constatation en arrivant au stade a été de voir à quel point celui-ci est magnifique. C’est un grand stade à ciel ouvert, facilement accessible et le fait que nous étions proches de l’action était à couper le souffle. Là encore en rentrant au stade je me fais dire : «Nice hat». Fait inusité, je me fais dire encore: «Let’s go Expos!» par la même personne que j’ai aperçue la veille à Pittsburgh. Cette fois-ci, un placier en me voyant arriver a commencé à chanter l’hymne national canadien et m’a confié que son joueur préféré des Expos était le Grand Orange. Ce dernier m’a également démontré sa connaissance du hockey montréalais en me disant qu’il affectionne particulièrement l’ancien joueur du CH, Jean Béliveau. Je m’aperçois rapidement que ma casquette m’ouvre des portes et me permet de discuter avec les gens assez facilement. En somme, ce fut une très belle soirée. En prime, j’ai pu faire signer ma balle par nulle autre qu’Edwin Encarnacion et ensuite capter une fausse balle entre deux bières à 15 $ en 4e manche.

Photo : Louis-Philippe Parent

Comerica Park

À la fin de mon voyage, la cerise sur le sundae, j’allais avoir la chance de voir lancer la jeune sensation Shohei Ohtani. C’est fou comment le jeune nippon peut attirer les foules et ce, même à Detroit. Je me pensais au centre-ville de Tokyo tellement il y avait des Japonais. Les gens qui se sont déplacés en ont eu pour leur argent. On a pu voir l’efficacité des lancers de Shohei. Sa balle cassante en a surpris plus d’un.

Revenons à nos moutons. Encore une fois, ma casquette des Expos a su attirer les regards. Un préposé à la sécurité m’a demandé où je m’étais procuré ma casquette, car il en cherchait une depuis longtemps. Il l’a trouvée très belle même s’il ne se considérait pas comme fan fini des Expos. Durant le «rain delay», nous avons eu la chance d’avoir une discussion avec un partisan des Tigers disant résider à Windsor en Ontario, une ville à 15 min de voiture de Détroit. Il disait être un grand amateur des Expos et être très déçu de leur départ. Il s’était rangé du côté des Tigers depuis. Par contre, il me racontait que si l’équipe devait revenir, il reviendrait un partisan des Expos. Plus tard dans la soirée, nous avons même eu droit à un clin d’œil de l’animateur d’ESPN à la vue de notre casquette.

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Photo : Louis-Philippe Parent

J’aurais aimé voir M. Manfred et M. Bronfman durant mes visites à ces trois joutes, ainsi, ils auraient pu voir que les Expos sont toujours bien vivants. Les partisans ne sont pas qu’à Montréal, mais bien partout à travers la MLB. Ils font partie de l’histoire et malgré leur relocalisation, ils sont toujours présents dans les souvenirs des plus vieux et des plus jeunes. Je crois fermement que nous aurons une équipe de baseball à Montréal tôt ou tard. Une ville comme la nôtre ne peut s’en passer. Vive les Expos!


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