La section des recruteurs

Être recruteur professionnel selon Pierre Arsenault

Recruteur professionnel : un métier de rêve, vraiment?

Comme amateur, il est facile de croire que de regarder des parties de baseball tous les jours est le rêve ultime. Si Pierre adore son métier, il n’est cependant pas fait pour tout le monde. Dès le mois de février, il doit se rendre à Miami pour le camp d’entraînement. Il est ensuite assigné à deux divisions différentes chaque année. Par exemple, en 2017, il couvrait les divisions Est des ligues américaine et nationale ainsi que leurs équipes mineures.

Responsable de son propre horaire comme un travailleur autonome, Arsenault doit planifier et s’assurer de visiter chacune des équipes cinq fois, et ce, cinq jours consécutifs pour voir tous les lanceurs de la rotation. Le seule exception, c’est les Giants de San Francisco, qui eux, ont six partants au niveau AAA.

Après les matchs, j’entre à l’hôtel pour mettre mes dossiers à jour. Tout est frais dans ma mémoire et c’est plus facile de remplir mes rapports. Je n’appuie cependant jamais sur send, car la nuit porte conseil. Il arrive parfois que je me lève la nuit pour changer des choses que j’ai mises dans mon rapport.

Quel est le problème alors? En premier lieu, il faut regarder du côté familial. Ce n’est pas évident à gérer, surtout si vous avez une femme et des enfants. Ils ne peuvent pas vous suivre partout où vous allez et les enfants doivent aller à l’école. Ensuite, comme j’ai mentionné plus haut, il doit tout planifier lui-même. Il doit remettre des notes quotidiennement sur les joueurs qu’il regarde. Il y a aussi ses hôtels à réserver, la planification de ses déplacements, son compte de dépenses, ses réservations de billets pour entrer dans les stades, etc.

Le métier n’est pas fait pour tout le monde, mais habituellement, ce sont d’anciens joueurs ou entraîneurs qui ont connu la vie d’autobus et de longs voyages loin de leur famille qui occupent ces postes.

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Jack McKeon entraîneur des Marlins en 2003. Photo : NY Times

Jack McKeon le mentor

En sachant que Pierre a été dans l’environnement de Felipe Alou pendant plusieurs années, il est facile de penser que Felipe ait été LE modèle pour lui. C’est cependant Jack McKeon qui a été d’une grande aide pour Arsenault. Ayant fait pratiquement tous les métiers dans le monde du baseball, McKeon a été porteur de plusieurs conseils dans la carrière du recruteur.

Il m’a dit de faire confiance à mes yeux et à mon instinct. Le radar c’est un outil, mais il faut se servir de notre expérience.

L’ex-instructeur-chef des Marlins en 2003 est évidemment de la vieille école, mais selon Pierre Arsenault, il ne faut pas juste se baser sur les statistiques avancées. Encore une fois, c’est un outil.

Bo Bichette et Vlad Guerrero
Les deux espoirs des Jays en grande forme. Photo : Tyler Marcotte/ Lansing Lugnuts

Guerrero Jr. et Bo Bichette

Ayant couvert la division des Jays l’an dernier, Arsenault est maintenant convaincu de la qualité des deux athlètes. Au moment de la rencontre avec Pierre, la saison n’était pas débutée, mais il les avait vu jouer assez souvent pour en être certain. La façon de procéder de Pierre est assez simple.

Je vais les voir jouer au début de la saison et j’y retourne aussi à la fin. Quand la saison débute, ils sont en forme et en pleine possession de leurs moyens. Je vois l’écart avec les autres quand j’y vais pour la seconde fois. Certains sont fatigués et ne peuvent soutenir l’horaire et le voyagement, Guerrero et Bichette n’avaient aucun problème avec tout ça. Ils étaient dominants!

Toujours selon Pierre, personne ne s’entend sur la position défensive qu’occupera Guerrero Jr. dans la grande ligue, mais tout le monde sais qu’il sera excellent offensivement.

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Pierre Arsenault en 2018

À ce jour, Pierre est toujours dépisteur professionnel pour les Marlins de Miami. Il est actuellement à la couverture des équipes de la section Centrale de la Ligue américaine et nationale. Vous pouvez aussi l’entendre à la radio de temps en temps, lui qui aime donner son opinion sur différents sujets dans le monde du baseball. Pierre se dit ouvert à un poste avec les Expos 2.0 s’ils reviennent, mais seulement si c’est la bonne chose à faire. Il estime pouvoir amener beaucoup d’expérience à n’importe quelle organisation de la ligue, mais il est très bien avec les Marlins de Miami.

Fait intéressant, Pierre Arsenault, avec les Expos et Charlie O’Brien, avec les Jays, sont les deux premiers receveurs à avoir utilisé le masque de receveur style gardien de but au hockey.