Espoirs cubains en fuite : L’après

En juillet 2017, le Québec avait l’honneur de recevoir l’équipe nationale cubaine de baseball. Dans une série de matchs organisés un peu partout à travers la province, les partisans pouvaient voir une poignée des meilleurs joueurs d’origine cubaine à l’oeuvre. Un événement réussi… à quelques petites choses près. Une ombre s’est jetée au tableau, deux joueurs en ont profité pour déserter l’équipe.

Ce n’était pas la première fois que nous entendions pareille histoire concernant des athlètes qui tentent de s’enfuir pour aspirer à une vie meilleure, mais surtout à une meilleure chance d’atteindre leur but : soit de jouer dans la MLB. La relation des Cubains avec leur propre pays est complexe et Cuba ne veut en rien aider ses athlètes à connaître du succès ailleurs que sur ses terres. Toutefois, ce n’est pas quelque chose qu’on s’attend à entendre à Montréal.

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De Cuba au Costa Rica

L’histoire a brassé du sable quelque temps pour tomber aux oubliettes. L’équipe cubaine tâchant d’oublier le tout, Baseball Québec et cie réfléchissant à ce qu’ils auraient pu faire pour éviter telle situation, quand on sait que ce n’est pas nécessairement plus la faute à un qu’un autre.

Sauf que la fuite des deux étoiles cubaines n’a pas été sans faille et La Presse a réussi à les suivre. Une enquête qui aura duré un an et qui les aura menés au Costa Rica. On découvre aussi que la défection n’est pas l’idée des deux jeunes, mais bien celle de Padrino, un homme mystérieux qui leur a lâché un coup de fil afin de les convaincre.

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Par la suite, c’est leur périple, un peu flou, du Canada vers le Costa Rica. Une cavale dans la peur, sous le secret. Des détails qu’ils ne partageront pas afin d’assurer leur sécurité. Une histoire sur fond de politique, tant Cubaine, Américaine, Canadienne que celle-là même de la MLB.

balle de baseball
Photo : Wok and a Pix

On oublie parfois qu’une défection n’est pas une décision sans risque, que les représailles sur les familles toujours à Cuba existent. Tous les joueurs qui prennent la décision de se sauver ont un grand chemin rocailleux devant eux pour aspirer à plus grand. Objectif qu’ils n’atteignent pas tout le temps. Oui, les deux Cubains ont fait de Montréal un pion dans leur périple, mais c’est leur vie qu’ils ont mise sur la table ne sachant pas ce qui en résulterait.

Aujourd’hui, ils sont au Costa Rica. Le pire est derrière eux, semble-t-il, et ils ne pensent qu’aux Ligues majeures pour ainsi justifier tous les efforts et risquent qu’ils aient pris, sans savoir s’ils mettront véritablement un seul pied sur un terrain des Majeures.

Source : La Presse

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Alexandra Philibert
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