Bernie from the Block

Après la publication de mon article sur Scott Radinsky – que je vous invite à lire ou relire – j’étais sur un nuage. Maudit que j’étais fier de moi. Ce texte-là, je l’ai travaillé, modulé, déconstruit, reconstruit à maintes reprises avant de le soumettre. Je le voulais parfait et je le dis sans prétention aucune parce que je ne suis pas Richard Martineau : j’ai fait une méchante bonne job. T’sais quand t’es fier de toi parce que t’as tout donné?

Ça m’a donné envie de remettre ça. Parce que moi, jumeler deux passions, j’aime ça.

Après avoir effectué quelques recherches, je me suis vite aperçu qu’il y avait eu plusieurs joueurs au cours de l’histoire à avoir été parallèlement musicien. Si bien que, je vais en faire une chronique mensuelle à travers laquelle je vous parlerai de la carrière du joueur, mais également de sa carrière musicale. Bien que je préfère – et de loin – le punk rock, tous les styles musicaux y passeront : du folk au blues en passant par le jazz et le surf rock.

Voici, sans plus tarder, le deuxième volet des joueurs-musiciens portant cette fois sur Bernie Williams des Yankees de New York.

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De Bernabé à Bernie, carrière d’un Yankee

Crédit: nocookie.net
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C’est en 1985 que Bernie Williams et Juan Gonzalez ont été découverts à Porto-Rico par Roberto Rivera, alors dépisteur pour les Yankees de New York.

Âgé de 16 ans seulement, Williams démontre des habiletés athlétiques hors pair et une grande maturité pour un jeune de son âge; tout le contraire de Gonzalez que Rivera trouve trop peu sérieux et cabotin (cabotin ou pas, il a tout de même frappé 454 circuits et produit 1404 points en carrière; rien de trop grave) .

Il veut tant signer Williams, qu’il l’envoie dans un camp d’entraînement dans le Connecticut afin que le directeur du recrutement, Doug Melvin, puisse l’avoir à l’œil. Williams épate. Il frappe, il court et il attrape les balles comme pas un.

Si bien que dès qu’il signe un contrat, le jour de son 17e anniversaire, il signe son premier contrat professionnel. Bernabé Williams Figueroa Jr né dans le Bronx en 1968 rentre au bercail. Parti bambin, il y revient un Yankee.

Débuts professionnels

C’est à la suite d’une blessure subie par Roberto Kelly (celui-là même qui a joué pour les Expos) que Bernie Williams enfilera pour la toute première fois son désormais célèbre numéro 51. Il complétera la saison 1991 avec 76 coups sûrs, bon pour une moyenne de ,238 en 85 parties jouées.

À sa deuxième saison, le poste de champ centre est toujours réservé à Roberto Kelly, Williams n’ayant pas impressionné outre mesure les dirigeants des Yankees en l’année précédente. Il ne disputera que 62 parties, mais sa moyenne grimpe en flèche. Il terminera avec 73 coups sûrs, dont 14 doubles et une moyenne de ,280. Sa moyenne de puissance/présences sur les buts passe de ,686 à ,760. C’est assez pour chasser Kelly de New York. Et, dès 1993, il devient le champ centre attitré de l’équipe.

À ses deux premières années complètes (dont une écourtée en 1994, on s’en souviendra…), Bernie Williams frappera 270 coups sûrs, dont 60 doubles et 24 circuits en 975 présences, pour une moyenne de ,277. Tranquillement, la légende s’installe. Je dis légende puisque les gens tendent à l’oublier parce que c’est trop récent (poésie, quand tu nous tiens), mais Bernie Williams est considéré comme une légende des Yankees. J’y reviendrai plus tard.

Tous ne voient pas du même œil les performances de Bernie Williams. George Steinbrenner jonglait avec l’idée de l’échanger avant la saison 1995 parce : rapide, il ne volait pas suffisamment de buts; frappeur constant, il n’avait cependant pas beaucoup de puissance; fiable en défensive, son bras laissait à désirer.

L’éclosion

Heureusement pour les Yankees, Buck Showalter a convaincu son patron de garder Williams dans le giron de l’équipe et ainsi éviter une gaffe monumentale.

C’est à partir de 1995 que Bernie Williams devient Bernier Williams. C’est finalement l’éclosion! En 648 présences au bâton, il frappera 173 coups sûrs, enregistrant 18 circuits, 29 doubles et 9 triples, tout en maintenant une moyenne de ,309.

C’est surtout lors des séries de la même année que Williams s’illustre, conservant une moyenne de ,429 avec une moyenne de puissance/présence sur les buts combinée de 1,381 en 5 parties.

Il poursuivra sur sa lancée de 1996 à 1998, alors qu’il a enregistré des statistiques qui feront de lui un joueur étoile. Durant ces trois années, il a frappé pour ,323 en plus de maintenir une moyenne de 25 circuits par saison.

Crédit: https://www.sportsonearth.com
Crédit: https://www.sportsonearth.com

87,5 M$

Le contrat de Williams vient à échéance à la fin de la saison 1998. À la suite des succès des Yankees en séries grâce, notamment, à ses prouesses offensives, Bernie Williams est un joueur autonome convoité. Les Red Sox et les Diamondbacks tentent de l’attirer en lui offrant un pont d’or. Les Yankees n’ont d’autre choix que d’égaler les offres. Ils savent désormais qu’ils ont un joyau entre les mains.

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Williams signe donc un contrat de 7 ans, d’une valeur de 87,5 millions de dollars; un des plus lucratifs de l’histoire du baseball à l’époque.

Au terme de la saison 2005, Williams est vieillissant. Ses lacunes, notamment son bras, sont exacerbées du fait que les attributs par lesquels ils les comblaient s’amenuisent. Les Yankees annoncent qu’ils n’exerceront pas leur option sur Williams et qu’ils rachètent son contrat.

Ils lui offriront un contrat d’une seule saison, d’une valeur de 1,5 M$ pour 2006. Ce sera sa dernière saison dans les majeures. Même s’il n’annoncera officiellement sa retraite qu’en 2015, alors que son numéro 51 est retiré par les Yankees.

Bernie Williams en chiffres

En 16 ans avec les Yankees, Bernie Williams aura, en fin de compte, remporté 4 bagues de la Série mondiale; participé à 5 matchs d’étoiles; remporté quatre gants dorés; remporté 1 bâton d’argent; et remporté le titre du joueur le plus utile de la Série de championnat de la Ligue américaine.

Mais c’est surtout en séries que ses chiffres sont éloquents: il détient le record du plus grand nombre de points produits en séries avec 80. Il vient au deuxième rang de tous les temps pour le plus grand nombre de circuits (22), le plus grand nombre de doubles (29) le plus grand nombre de coups sûrs (129), le nombre total de buts amassés (223) et de points marqués (83). Il est également troisième en ce qui a trait au nombre de matchs joués avec 121.

Voici les statistiques finales de Bernie Williams :

Crédit: mlb.com
Crédit: mlb.com

De la plaque à la scène

C’est à l’âge de huit ans que Bernabé Williams découvre la guitare. Son père, alors dans la marine marchande, rapporte chez lui, à Porto-Rico, une guitare de flamenco directement d’Espagne. Il tombe littéralement en amour avec le son chaud de cette guitare et décide de s’y mettre.

À l’âge de treize ans, tandis qu’il est déjà reconnu comme un des étudiants-athlètes les plus prometteurs sur l’île de Porto-Rico, il est accepté à la Escuela Libre de Musica, une école spéciale pour les artistes musicaux. C’est là qu’il peaufinera sa technique, en y étudiant notamment la guitare classique.

Lorsque les Yankees l’ont amené aux États-Unis à l’âge de 16 ans, Bernie Williams a apporté avec lui sa guitare et son amour de la musique. Tout au long de sa carrière, il a continué à pratiquer et à jouer dans le but de faire carrière dans la musique.

The Journey Within

C’est en 2003 que Bernier lance un premier opus, The Journey Within. L’album, qui mélange jazz, rock et rythmes latins est à la fois un succès critique et populaire, atteignant même la troisième position du Billboard jazz contemporain. Les gens découvrent rapidement que Williams est talentueux. Ce n’est pas un style que j’apprécie outre mesure, mais on est loin de Jacques Villeneuve, c’est clair !

Moving Forward

Bernie remet ça en 2009 alors qu’il lance Moving Forward, son deuxième album. Jouissant d’une notoriété sportive et maintenant musicale, Williams réussit à s’entourer de quelques musiciens et chanteurs émérites sur certaines pièces. En effet, Scott Henderson, Jon Secada, Mike Stern et Bruce Springsteen ont tous participé à cet album qui encore une fois fut très bien reçu par la critique et le public. On lui prédit même une carrière musicale presque aussi fructueuse que celle de joueur de baseball, tandis que l’album atteint la deuxième position du Billboard de jazz contemporain.

https://play.spotify.com/track/5yZg1t3WCLLRv0J167GGzK

Philanthropie

Un peu à l’image de Scott Radinsky et de son skatepark, Bernie Williams semble avoir le cœur sur la main lui aussi. Il a créé l’organisme de charité Hillside Food Charity à Hollywood, qui lutte contre la pauvreté dans les comtés de Westchester et Putnam. Il participe également à beaucoup d’œuvres de charité pour lesquelles il donne des conférences et des concerts afin de ramasser des fonds notamment pour les jeunes. Il a récemment reçu le titre du Big Man of the Year par l’organisme Little Kids Rock qui vise à fournir des instruments gratuits afin de sortir les jeunes de la rue.

Si le cœur vous en dit et que le jazz vous intéresse, Bernie Williams continue de fouler les planches des différentes petites salles et House of Blues dans les villes américaines. Il s’arrêtera le 10 septembre prochain à Ridgefield, Connecticut.

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Steve Lafortune
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