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Comment le baseball est entré dans ma vie

Il m’est arrivé, il n’y a pas si longtemps, de devoir expliquer à quelqu’un mon amour pour le baseball. À froid, comme ça, j’avoue que je ne savais pas par où commencer.  J’ai dû amorcer une réflexion, presque philosophique, à ce sujet.

Le baseball...? Le baseball est un sport d’été, et l’été est synonyme de vacances, surtout quand t’es jeune. Donc, pour mes amis et moi, ça voulait dire : on s’en va au terrain avec un bâton, une balle, des « mites » et on se prend pour les Gary Carter,  Delino Deshields, Marquis Grissom, Larry Walker et Spike Owen  de ce monde.

Bon, maintenant vous avez une idée approximative de mon âge… Quand je repense à ces matchs improvisés, je repense au film Le petit champ , version québécoise du film The Sandlot, qui rend bien cette nostalgie que plusieurs d’entre nous ont vécue. Puis, il y a eu les ligues organisées où j’ai joué durant environ 3 ans avant d’essayer d’autres sports comme le soccer.  Je me rappelle particulièrement d’un tournoi élite à Rayside-Balfour, en banlieue de Sudbury, où j’ai beaucoup appris et où quelques entraîneurs m’ont transmis leur amour du baseball, à travers des conseils techniques. Sans oublier des valeurs de travail d’équipe qui me suivent encore aujourd’hui.

Photo: The Sandlot (film)

Il y avait aussi les matchs des Expos télédiffusés à la SRC avec Raymond Lebrun et Claude Raymond, mais la plupart du temps, c’est les voix de Rodger Brulotte et de Denis Casavant à RDS qui ont meublé un bon nombre de mes soirées estivales. Lorsque je devais me coucher plus tôt ou que le match se disputait sur la côte ouest,  je plaçais mon appareil radio sous mon oreiller et je tombais dans les bras de Morphée à l’aide de la voix incomparable de Jacques Doucet. Voix qui me donne encore des frissons aujourd'hui, quand je l’écoute à TVA sports.

Puis, est arrivé ce moment inoubliable tant attendu. La première fois où mon père m’a amené voir un match des Expos au Stade olympique. Je m’en rappelle comme si c’était hier.  Felipe Alou, son fils Moisés et toute l'équipe sur ce terrain synthétique d’un vert unique que je voyais à la télé depuis tant d’années se transformaient en une réalité qui avait pour moi l’apparence d’un rêve. C’était en 1992 et j’avais à peine 11 ans.

Moises Alou, Marquis Grissom et Larry Walker

Merci à mon père de m'avoir inscrit au baseball lorsque j’avais 10 ans, amené plusieurs fois au Stade olympique, mais surtout, d'avoir pris le temps, à maintes reprises, de sortir dehors et de venir se lancer la balle avec son fils aîné. Ce sont des moments inoubliables qui ont cimenté mon amour pour ce sport en apparence si simple et ludique, mais à la fois si difficile et technique.

C’est une discipline très différente, si on le compare à notre sport national canadien, le hockey. Aux États-Unis, le baseball est surnommé passe-temps national. C’est un sport demandant agilité, vitesse, précision, mais ironiquement, se déroule à un rythme plutôt lent. Il nous offre de nombreuses pauses pendant l’action qui laissent place à l’analyse et à la discussion. Pour les yeux entraînés et les réels fervents, ces pauses nous permettent de spéculer ou de penser à ce que nous ferions si nous étions le gérant de l’une ou l’autre des équipes.

Crédit photo: whqr.org

Cependant, ce rythme devient souvent un aspect rebutant pour ceux qui ne connaissent pas le sport ou qui y sont exposés pour la première fois. Dans les 150 dernières années, la société est passée par une révolution industrielle et technologique, tandis que le baseball a subi très peu de changements. C’est un sport pratiquement hors de son temps, car il demande une attention prolongée de la part du spectateur, et il n’est pas encadré dans un laps de temps prédéfini. Dans une société où tout va de plus en plus vite, le baseball pourrait être qualifié d’anachronisme.

En revanche, il a le pouvoir de faire oublier à une société les plus grandes tragédies. Nous n’avons qu’à penser à la Série mondiale de 2001 disputée, malgré tout, après les événements tragiques du World Trade Center.  Les New Yorkais  s’étaient rangés derrière leurs Yankees, qui se sont malheureusement inclinés en 7 matchs contre les Diamondbacks. Même chose lors de la Deuxième Guerre mondiale. Les autorités des deux grandes Ligues avaient décidé de poursuivre leurs activités pour offrir une distraction à la population. Il y a même eu la création de plusieurs Ligues féminines, durant cette période, pour répondre à la grande demande de divertissement de la population.

À travers son histoire, le baseball est devenu pour bien des gens bien plus qu’un simple jeu. Vous l’aurez aisément deviné, je suis depuis ma tendre enfance, amoureux de ce sport souvent jugé sévèrement par ceux qui ne le connaissent pas. Il nécessite évidemment une plus grande patience que la majorité des sports à la gratification instantanée. Cependant, si vous lui donnez un peu de vous et de votre passion, ce magnifique sport vous le rendra au centuple.

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